bernard thomas

Enrichissement d'Artom
14e enrichissement

Pour le faire, j'aperçus dans une rue parisienne bien connue du monde par son passé, un local sombre au bas de la rue de Lappe. C'est à cet endroit précis que me vint l'idée de faire un Enrichissement.

Tout d'abord je plaçai ci et là dans les fissures de la bâtisse des effigies de personnages connus, soit réels soit imaginaires (Mickey, un ancien président Charles De Gaulle...).

Ensuite, je pris bien soin de regarder dans les moindres recoins afin de découvrir l'indice qui me permettrait de poursuivre cet Enrichissement quand, à l'aplomb d'une fenêtre fermée depuis bien des années, je découvris sous une latte de parquet une pièce de monnaie du siècle dernier. Je sus tout de suite qu'à cette place se trouvait le gîte qui renfermerait le coeur de l'Enrichissement.

Je partis à la rencontre de 88 de mes confrères, leur racontant une histoire dans laquelle ils pouvaient avoir une place honorable. Cette démarche fut pour moi très enrichissante, en les rencontrant tous si différents et spécifiques, je m'aperçus que chacun pouvait s'exprimer, dès lors que son langage était cohérent.

Je fis ensuite une galerie dans les règles de l'art, car mon but était d'atteindre les valeurs et les règles dans le seul but de les enrichir. Quand ceci fut fait, je passai à la phase principale de l'Enrichissement. Elle consista à prendre de l'or et des diamants, à les couler dans la chape de béton, le tout accompagné des traces de ces 89 artistes que j'avais contactés pour cet Enrichissement. Je fis 120 boules de papier, fermées d'un cachet de cire. Dans l'une d'entre elles, je plaçai un brillant, je mélangeai ces boules à d'autres différentes et en couvris les parois du gîte. Ensuite, à la base du gîte, j'élevai une pyramide de forme très spéciale et, en son coeur, je plaçai des éléments indispensables à l'histoire. Je recouvris le tout de poussière de diamant, d'or, de marbre et d'argent. Ce site se trouvant non loin de la colonne du 14 Juillet à la Bastille, je pris comme témoin le génie et sa fiancée que je mis en scène. Le sol d'Artom était saupoudré d'or, de marbre et de diamant. Le spectateur ainsi était chargé à son insu de répandre cette matière en l'emmenant sous ses semelles aux abords du site.

Je fis un gardien chargé de conserver la mémoire et la valeur de cet Enrichissement.

Thomas 1986

© Thomas Bernard