bernard thomas

Studio Soligo
par Giovanni Iovane

Bernard Thomas expose des sculptures et des oeuvres picturales. L'assemblage de ces deux formes d'art débouche bien évidemment sur la recherche consciente et délibérée du "fond" (sfondo) de l'expression et de ce que l'on peut percevoir. ("C'est pourquoi mon travail se compose d'une partie matérielle et d'une immatérielle." B. Thomas). Son travail, dans une certaine mesure, est une régénération, à travers l'oeil et la main, de la substance amorphe (Merleau-Ponty) dont se compose le monde de la perception. L'oeuvre privilégie le lieu de l'élection. Elle marque ses points de passages réels et imaginaires, jusqu'au silence et à la consommation de l'image. Tout conflue ainsi vers le fond (sfondo). Elle est le fond. La matière s'efface et efface ce qui lui appartient : noms et formes. Les occasions du déjà-avenu, de "l'après", reviennent à la surface indistincte que contient chaque chose. L'oeuvre de Thomas est donc une réflexion sur le nombre de l'image. Faire en sorte que celle-ci se laisse nommer (combiner), prête à l'opération "illusion-vérité" de l'acte créatif. Une telle perspective présuppose "une mutation toujours à la limite entre l'être et le non-être, le visible et l'invisible". Il suffit en effet d'une brève distraction de l'oeil pour que le réel devienne virtuel, pour que la consistance se dissipe, en conservant pourtant sa propre métaphore d'identité, qui la distingue de l'anonyme chute sérielle. La connaissance instinctive du lieu de l'art se combine pour B. Thomas à la "fissure", à travers laquelle il est possible de percevoir la possibilité infinie de l'instant. La transformation comme la déformation de l'amorphe, qui rend l'oeuvre perceptible ; et l'ultérieur de l'oeuvre.

Giovanni Iovane, Flashart été 83

© Thomas Bernard

Bernard Thomas

Bernard Thomas
© Jorge Damonte